- 21 sept.
Le people pleasing chez les femmes : quand plaire aux autres devient un mode de survie
Tu es peut-être cette femme qui pense beaucoup aux autres.
Tu anticipes leurs besoins.
Tu fais attention à ne pas déranger.
Tu évites les conflits.
Tu dis oui alors que tu aurais préféré dire non.
Tu t’adaptes, tu arrondis les angles, tu fais en sorte que tout le monde aille bien.
Et lorsque quelqu’un semble contrarié, tu te demandes immédiatement ce que tu as fait de mal.
Peut-être même que tu as parfois du mal à savoir ce que toi, tu veux vraiment.
Ce fonctionnement porte un nom : le people pleasing.
Le people pleasing désigne une tendance à rechercher l’approbation des autres, à vouloir leur faire plaisir et à faire passer leurs besoins avant les siens, parfois de manière répétée et au détriment de son propre bien-être.
Mais derrière ce fonctionnement, il n’y a pas forcément un manque de caractère, de confiance ou d’affirmation de soi.
Il peut s'agir d'une stratégie d’adaptation qui s’est construite progressivement.
Et lorsqu’elle devient automatique, plaire aux autres peut finir par sembler beaucoup plus sécurisant que de prendre le risque de déplaire.
Quand plaire devient une stratégie de sécurité
Certaines femmes ont appris très tôt à être « faciles à vivre ».
À être gentilles.
À ne pas faire de vagues.
À être compréhensives.
À répondre aux attentes.
À ne pas ajouter de problèmes aux autres.
Dans certains environnements, exprimer sa colère, ses besoins ou son désaccord a pu être mal accueilli. Parfois, il ne s’agissait même pas d’un environnement ouvertement problématique : il suffisait que l’enfant comprenne progressivement que certaines attitudes étaient davantage valorisées que d’autres.
Alors elle apprend à observer.
Quelle est l’humeur de maman ?
Est-ce que papa est contrarié ?
Est-ce que je peux demander ça maintenant ?
Est-ce que je risque de décevoir ?
Comment faire pour que tout se passe bien ?
Petit à petit, elle développe une grande capacité d’adaptation.
Elle devient attentive aux autres, anticipe leurs réactions et ajuste son comportement.
Et ce qui était au départ une manière de s’adapter à son environnement peut devenir, à l’âge adulte, un fonctionnement profondément ancré.
Elle ne se demande plus consciemment :
« Est-ce que j’ai envie de dire oui ? »
Elle dit oui.
Puis elle réfléchit après.
Le lien entre people pleasing et réponse de « fawning »
Tu as peut-être déjà entendu parler des réactions de fight, flight ou freeze face au stress ou à une situation perçue comme menaçante :
fight : combattre, se défendre ;
flight : fuir, chercher à s’éloigner ;
freeze : se figer, rester paralysée.
Le terme fawning est parfois utilisé pour décrire un autre type de réaction : chercher à apaiser l’autre, à éviter le conflit ou à obtenir sa sécurité en se montrant particulièrement conciliant, utile ou agréable.
Il peut donc ressembler à du people pleasing.
Par exemple :
tu dis oui alors que tu penses non ;
tu t’excuses même lorsque tu n’as rien fait de mal ;
tu minimises ce que tu ressens pour ne pas créer de tension ;
tu fais passer les besoins des autres avant les tiens ;
tu cherches rapidement à réparer lorsqu’une personne est contrariée ;
tu évites de poser tes limites par peur de décevoir ;
tu surveilles beaucoup les réactions des autres ;
tu te sens responsable de l’ambiance ou du bien-être de tout le monde.
L’idée importante ici est que ce comportement peut parfois être plus automatique que réellement choisi.
Ce n’est pas forcément :
« Je veux absolument que tout le monde m’aime. »
Cela peut plutôt ressembler à :
« Si tout le monde va bien autour de moi, alors je peux me détendre. »
Et cette différence est essentielle.
Pourquoi est-ce si difficile de dire non ?
Pour une personne qui s’est beaucoup construite dans l’adaptation, dire non peut sembler beaucoup plus important qu’un simple refus.
Un « non » peut être associé à tout un scénario intérieur :
Et si elle se vexait ?
Et s’il m’en voulait ?
Et si elle pensait que je suis égoïste ?
Et si je décevais ?
Et si cela créait un conflit ?
Alors tu dis oui.
Même lorsque ton corps dit non.
Et c’est souvent là que le décalage commence à apparaître.
Tu dis :
« Oui, pas de problème. »
Mais intérieurement, tu ressens de la tension.
Tu aurais aimé dire non.
Tu es fatiguée.
Tu n’as pas le temps.
Tu n’en as pas envie.
Et pourtant, tu acceptes.
Parce que sur le moment, dire oui semble plus facile que de supporter l’inconfort qui pourrait suivre un non.
Les signes du people pleasing auxquels on ne pense pas toujours
Le people pleasing ne ressemble pas uniquement au fait de rendre constamment service.
Il peut aussi se cacher derrière des comportements beaucoup plus subtils.
Par exemple :
Tu demandes très souvent l’avis des autres.
Tu as besoin de savoir si ton choix est « bien », si tu as raison, si tu ne fais pas une erreur.
Tu changes facilement d’avis selon la personne en face de toi.
Tu adaptes ton opinion, tes envies ou ta manière de parler pour éviter de créer une opposition.
Tu as du mal à recevoir une remarque négative.
Une simple remarque peut déclencher beaucoup de pensées et te faire remettre en question toute ta valeur.
Tu te sens responsable des émotions des autres.
Si quelqu’un est triste, énervé ou déçu, tu cherches immédiatement comment arranger la situation.
Tu culpabilises lorsque tu prends du temps pour toi.
Même lorsque tu sais que tu en as besoin.
Tu te sens utile… mais rarement réellement reposée.
Tu sais très bien ce dont les autres ont besoin, mais beaucoup moins ce dont toi tu as besoin.
Et parfois, c’est précisément cette dernière phrase qui résume le mieux le people pleasing :
Tu es devenue experte pour écouter les autres, mais tu as perdu l’habitude de t’écouter.
Pourquoi cela touche particulièrement les femmes
Il serait réducteur de dire que toutes les femmes sont concernées par le people pleasing, ou que ce fonctionnement leur est propre.
Mais certaines normes sociales peuvent contribuer à le renforcer.
Les femmes ont souvent été davantage encouragées à être gentilles, conciliantes, disponibles, attentionnées et à prendre soin des autres.
Dans certaines familles, être une « gentille fille », ne pas déranger, aider spontanément ou éviter les conflits peut être fortement valorisé.
Au fil du temps, une croyance peut alors s’installer :
« Pour être aimée, je dois être agréable. »
Puis :
« Pour être une bonne personne, je dois être disponible. »
Et parfois même :
« Si je pense à moi, je suis égoïste. »
Le problème n’est évidemment pas d’être gentille, généreuse ou attentive.
Ce sont de belles qualités.
Le problème apparaît lorsque prendre soin des autres implique systématiquement de s’abandonner soi-même.
Le coût invisible du people pleasing
À court terme, le people pleasing peut apporter une forme de soulagement.
Tu évites un conflit.
Tu fais plaisir.
Tu as l’impression que tout va bien.
Tu n’as pas à affronter la culpabilité liée au fait d’avoir dit non.
Mais à long terme, le prix peut devenir important.
Tu peux ressentir :
une fatigue émotionnelle ;
une charge mentale importante ;
de la frustration ou de l’irritabilité ;
l’impression de donner beaucoup sans recevoir autant ;
des difficultés à identifier tes propres besoins ;
une peur importante de décevoir ;
des difficultés à poser tes limites ;
un sentiment de ne jamais en faire assez ;
une perte de connexion avec tes envies ;
parfois même le sentiment de ne plus vraiment savoir qui tu es en dehors de ce que tu fais pour les autres.
Et il arrive qu’une colère apparaisse.
Une colère que tu ne comprends pas toujours.
Parce que tu as dit oui.
Encore.
Et encore.
Alors qu’au fond, une partie de toi aurait aimé dire :
« Cette fois, j’aurais aimé que quelqu’un pense à moi aussi. »
Revenir doucement à soi
Sortir du people pleasing ne passe pas par un “grand changement radical”, mais par des micro-ajustements.
Commencer à remarquer :
quand tu dis oui par automatisme
quand ton corps se contracte alors que tu dis “oui”
quand tu fais passer les autres avant toi sans même t’en rendre compte
Et surtout, réapprendre à tolérer une chose essentielle :
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Une nouvelle manière d’être en relation
Sortir du people pleasing ne signifie pas devenir froide, distante ou égoïste.
C’est apprendre à rester en lien avec les autres sans te perdre toi-même.
C’est pouvoir dire oui lorsque tu en as réellement envie.
Dire non lorsque quelque chose ne te convient pas.
Exprimer tes besoins.
Accepter que quelqu’un puisse être déçu sans immédiatement chercher à réparer la situation.
Et surtout, comprendre que ta valeur ne dépend pas de ta capacité à être parfaite, disponible ou agréable pour tout le monde.
Tu n’as pas besoin de mériter ta place.
Tu n’as pas besoin de prendre soin de tout le monde pour avoir le droit de prendre soin de toi.
Et tu n’as pas besoin d’attendre d’être complètement épuisée pour commencer à t’écouter.
Apprendre à revenir à toi, c’est aussi apprendre que tu peux être toi-même… et rester en sécurité dans la relation.
Si tu te reconnais dans ces mécanismes de people pleasing et que tu sens qu’ils prennent beaucoup de place dans ton quotidien, tes relations ou ta charge mentale, tu peux être accompagnée pour comprendre ce qui se joue en toi, retrouver davantage de sécurité intérieure et apprendre progressivement à fonctionner autrement.
Tu peux réserver un échange avec moi ici pour voir comment je peux t’aider :
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